Journée des doctorant·e·s du LaSA 2026

MSHE
1, rue Charles Nodier
Besançon

Programme de la journée

Matinée

9h15 Accueil convivial / café & échanges
9h45 Ouverture de la journée
10h Justine Grosperrin
10h40 Claire Ewoudou
11h20 Pause
11h35 Nathan Debayle
12h15 Repas convivial

Après-midi

13h15 Atelier participatif animé par Mélusine Simao
14h45 Conclusion
15h Clôture de la journée

Pour des raisons à la fois éthiques et écologiques, aucune bouteille d’eau ne sera fournie sur place. Chacun·e est donc invité·e à veniravec sa gourde.

Justine Grosperrin

Appréhender les résidences artistiques en laboratoires de recherche scientifique : essais ethnographiques et réajustement(s) méthodologique(s). Discutant Simon Calla

Que font les artistes en résidence en laboratoire de recherche scientifique lorsqu’ils se saisissent d’un microscope à balayage électronique, dissolvent des cristaux de sels dans du silicate de soude ou extraient leur propre ADN ? Force est de constater que de nombreuses disciplines des sciences humaines ont appréhendé les relations établies entre arts et sciences, sans pour autant s’en saisir sensuellement, comme le dirait François Laplantine (2007) : bien souvent de manière abstraite et peu empirique. En résulte donc le besoin de les appréhender finement et de s’inscrire dans la longue et dense tradition ethnographique. Souhaitant saisir les effets générés par les collaborations établies entre artistes et scientifiques dans le cadre de résidences artistiques menées en laboratoire de sciences, j’ai tenté d’appréhender ces dernières à la manière dont Bruno Latour (1996) a mené son ethnographie au sein de l’Institut Salk dans La vie de laboratoire. Seulement voilà : appréhender empiriquement une résidence artistique en laboratoire n’a rien à voir avec l’ethnographie d’un laboratoire de neuroendocrinologie… De déception(s) en déconvenu(e), cette communication reviendra sur mon expérience méthodologique et de terrain et traitera de la nécessité de, parfois, se « réajuster ».

Claire Ewoudou

Non-recours à la reconstruction mammaire après mastectomie : premiers jalons d’une enquête sociologique. Discutante Sophie Nemoz

Cette communication s’inscrit dans le cadre d’un travail de thèse qui porte sur le non-recours à la reconstruction mammaire après mastectomie. Alors que la reconstruction mammaire est remboursée par la sécurité sociale, et que la poitrine représente l’organe de la féminité, de la maternité et de la sensualité, d’après les chiffres 2023 de L’INCA (Institut National du Cancer) seules 30% des femmes ont recours à la reconstruction mammaire après une mastectomie. Il est question ici de réaliser une sociologie des femmes ayant eu un cancer du sein, au prisme de la reconstruction post cancéreuse. L’objectif étant d’interroger les facteurs sociaux qui structurent le non-recours (conditions sociales, ressources économiques et culturelles, rapports au corps et à la féminité …), ainsi que les trajectoires biographiques et médicales dans lesquelles s’inscrit la décision. Cette communication proposera les premiers jalons empiriques et analytiques du travail en cours.

Nathan Debayle

« Tout est une histoire d’équilibre » : conception de l’ordre et du désordre chez les chasseurs et les éleveurs du Doubs. Discutante Gaëlle Ronsin

Cette communication s’intéresse aux conceptions de l’ordre et du désordre mobilisées pour penser les rapports locaux à la faune sauvage dans les territoires ruraux. A partir de mon terrain auprès de chasseurs et d’éleveurs, elle analyse les indicateurs mobilisés pour qualifier une situation de « désordre » – notamment lorsque certains animaux sont perçus comme n’étant « pas à leur place ». L’enjeu n’est pas tant le renard en lui-même que les catégories, les savoirs et les seuils de tolérance qui permettent de diagnostiquer un dérèglement du territoire. Dans ce cadre, la chasse apparaît comme un mode d’action privilégié pour rétablir un ordre du vivant, dont les chasseurs ont su se constituer comme garants.

Mélusine Simao

Déprimés du jour au lendemain : voir ses enquêtés sombrer et en ressortir indemne ? Ce que nous apprend la position d’ethnographe sur les possibilité de juste proximité

Le choix grandiose entre attachement et détachement avait oblitéré les multiples petits choix captifs dans les liens et qui distinguent, pour ceux qui acceptent de s’y plonger, les bonnes et les mauvaises attaches » (Latour, 2000, p.7), m’inspirant d’un retournement de situation sur mon terrain, je propose un atelier d’analyse de la pratique pour comprendre et cartographier ensemble nos réseaux d’attachement à nos environnements d’enquête. Inversant le rôle attendu de doctorants devant faire preuve de résultats, j’ouvre l’opportunité de dédier un temps de cette journée doctorale à l’édification par notre équipe du laboratoire autour des pratiques et des positionnements professionnels qui nous outilleront pour continuer à mener nos recherches. Pour questionner ensemble les affects qui nous lient aux enquêtés et les chemins des possibles pour y faire face, entre pistes à suivre et risques épistémologiques.